lundi 16 novembre 2009

Balte au centre

Du fait de l'indépendance de la Pologne (le 11 novembre), et d'un viaduc pris librement, ce week-end nous emmène dans les capitales baltes. Départ à 4 (Ben, Julien, Loïc et moi), dans une voiture (qui sera la seule à ne pas revenir indemne) jusqu'à Tallinn. Près de 3 000 kilomètres ! Mais ça les valait, comme on dit à Verbier.

Vilnius de Milo

La première étape de ce voyage nous a donc emmenés à Vilnius, capitale lituanienne. Arrivée dans la cité à 1 heure du matin, idéal pour attaquer directement par une boîte ! Boîte de nuit remplie d'Erasmus (comme par hasard), qui élisaient Miss et Mister Erasmus Vilnius. Sans surprise, la gagnante était polonaise (hé hé), même si les lituaniennes auraient mérité un lot de consolation. Mais bref.
La ville en elle-même est toujours aussi belle, avec ses grandes places dégagées, ses monuments (bien) restaurés, ses églises de toutes confessions (en une rue, on trouve une église catholique, une église protestante, un couvent, une église orthodoxe et une synagogue) toutes plus flamboyantes les unes que les autres,...
Et toujours cette atmosphère tranquille et paisible, comme si rien ne pouvait arriver. D'ailleurs, en comparaison de la Lettonie et de l'Estonie, il n'est rien arrivé de très palpitant... A part sur les 15 premiers kilomètres lituaniens...

Mise en situation. 22h (et quelques), nuit et brouillard (ne voyez pas ici un jeu de mot de très mauvais goût...). Passage l'ancienne frontière de l'URSS. Grise, pas éclairée. Glauque. Forcément, une voiture immatriculée 79, ça interpelle le douanier qui nous arrête (enfin, déjà, faut comprendre qu'il veut qu'on s'arrête, vu qu'on ne le voit qu'au dernier moment à cause de la nuit). Contrôle des papiers, et feu vert.
15 kilomètres plus loin, sur l'autre voie, un camion a la bonne idée de doubler un autre camion (je rappelle la nuit et le brouillard). Enfin, c'est pas comme si on arrivait en face... Gros coup de flip, mais c'est passé...

"Les lettons ont six doigts de pied"

Après deux nuits à Vilnius, départ pour Riga, 3 heures plus au Nord. Découverte donc tout d'abord de la ville dans la nuit, et passage le lendemain pour prendre les photos et voir à quoi ça ressemble de jour. Toujours les façades Art Nouveau, avec une vieille ville moins importante et moins charmante que Tallinn (mais on y reviendra). Si la ville n'est pas forcément la plus intéressante, on a quand même réussi à se faufiler au sommet du clocher de la cathédrale avec un groupe de polonais, et on a dû conclure que d'en haut, ça avait de la gueule.
Par contre, les lettons, c'est quelque chose. C'est pas pour rien que les estoniens disent d'eux qu'ils ont six orteils... On s'est déjà fait insulté gratuitement (en letton of course) devant l'ancienne mairie par une nana qui disait être à cinquante kilomètres de chez elle et cherchait un peu d'argent pour rentrer (mouais). Et puis, on a rencontré le phénomène dans la campagne, en direction de Tallinn.

Là encore, mise en situation. Début d'après-midi, nuageux, dans un bled paumé de Lettonie, à moins d'un kilomètre de la Baltique. On revenait de la plage (oui, on a vu la mer !), tourné à gauche dans le village (c'est important) et entendu un gros BOUM sur la carrosserie. Interloquements et inquiétudes dans la voiture. Benjamin regarde dans son rétro et voit un scooter au milieu de la route, de travers, avec deux personnes à moitié dessus et dessous. Oui, il nous est bien rentré dedans, faisant fi du feu rouge...
Bon, on s'arrête, entre temps des témoins les relèvent (le type a perdu une dent et a un doigt cassé), une nana vient me parler en letton et devant ma mine interloquée (encore), passe à l'anglais (mieux). Elle a tout vu, c'est pas notre faute (perso je sais toujours pas d'où venait le scooter), et est prête à témoigner. La police arrive, fait l'état des lieux, pas beau à voir. Le conducteur roulait sur le scooter d'un pote, sans casque, sans permis, sans assurance et l'haleine aussi chargée d'alcool qu'un habitué du café des Sports de Lubezac-les-Alouettes. Bien sûr, les policiers ne parlent pas anglais (trop facile). Le Samu arrive, soigne l'édenté, contrôle notre pouls et notre tension (succinct l'examen...), et on se retrouve dans le commissariat qui ressemble à tout sauf à l'idée que j'avais d'un commissariat letton tellement il est propre et neuf. Le temps de déposer, de pester que le coffre est défoncé, et on reprend la route vers Tallinn, un peu en tremblant...

Tallinn la médiévale

Autant dire qu'après le repos forcé qu'on a eu en Lettonie, on n'a pas lésiné sur l'alcool le soir. On devait retrouver un pote de Benjamin, un estonien, qui travaille dans une taverne authentiquement moyenâgeuse. Eclairée à la bougie, c'est le plus gros bâtiment de la ville, avec des serveurs en costume d'époque et un pot de chambre en guise de toilettes. La bière à la cannelle est servie dans des pichets, et la Vodka au poivre est une spécialité locale. Forte, mais bonne.
Mais bref, on n'est pas monté à Tallinn que pour boire un coup.
La vieille ville est restée très médiévale. Ca fait penser à Yvoire (surtout le côté touristique), mais en plus grand, et le lac est salé. Il existe une partie haute, avec la cathédrale et l'ancien château (maintenant Parlement estonien), et une partie basse, avec l'ancienne mairie, des petites ruelles de partout et un cachet terrible.
Tallinn est aussi une des dernières villes européennes à avoir encore la muraille d'enceinte d'origine, dont une partie est souterraine (pour tirer sans être vus). Actuellement, c'est juste un chantier, que l'Etat souhaite restaurer, mais ces souterrains ont servis à toutes les époques, sous tous les envahisseurs (principalement germains et russes).
Bref, une fort belle ville, avec pas mal de charme, et une jolie vue sur la mer.

Brèves de voyage

- Le seul jour où il a fait beau ? Celui du retour...
- On devient des pros des taux de change ! Après les couronnes tchèques, bienvenue au Litas, Lietuvas et à la couronne estonienne !
- Une petite anecdote historique pas si anodine sur les pays baltes : "La voie Balte". Le 23 août 1989, pour protester contre le pacte germano-soviétique, signé 50 ans auparavant) et réclamer l'indépendance à l'URSS, les peuples des trois pays forment une gigantesque chaîne humaine, allant de Tallinn à Vilnius (650 km !) et réunissant plus de 2 millions de personnes. 2 ans après, les trois Républiques sont reconnues comme indépendantes.
On a rencontré une lettonne (francophone) qui y a participé, et on sentait que c'était un geste terriblement fort pour toute la population cette chaîne humaine... Ca n'a pas beaucoup de rapport avec le reste, mais comme je ne connaissais pas et que je trouvais ça beau comme geste, je voulais juste vous le faire partager.

- Le retour s'est bien passé. On a évité tous les scooters, et on est rentrés après 17h de routes à 4 heures du matin. Frais comme des gardons (ou pas).

Brèves toutes courtes

- Le secrétariat des Erasmus de Katowice a oublié de noter un cours sur mon emploi du temps (et celui des autres Erasmus qui font "Economics Analysis"). Maintenant, je comprend mieux pourquoi j'étais largué dans ce cours et que je ne trouvait pas de lien entre les leçons...
- Il y a eu du soleil aujourd'hui à Katowice.
- Je suis plus malade.

Voilà. Les photos de Baltie Nord, centre et Sud arriveront prochainement, le temps que je les récupère.
Bisous à tous !
Vincent

2 commentaires:

Thibo a dit…

Oulala mon canard t'as eu peur?
Non, sans blague soyez prudent...
Bisous!

Girelle a dit…

Eh Thibo c'est moi qu'aurais dû écrire ça ! Toi t'es le petit frère ! En fait je l'ai pensé très fort, mais je me suis retenue de l'écrire... en progrès ?